Attractivité : 5 bonnes raisons de croire en nos métiers
Nourrir, innover, transmettre : les métiers de la filière laitière n'ont jamais été aussi riches, aussi modernes, aussi ouverts. Pourtant, cette réalité reste trop souvent méconnue. Le plan stratégique 2026-2028 du Cniel en fait un axe prioritaire : valoriser ce que la filière fait de bien, de beau et de bon, pour donner envie à la prochaine génération de la rejoindre. Cinq raisons de regarder l'avenir avec confiance.
Plus de 60 métiers, et autant de parcours possibles
De l'éleveur au data scientist, du technicien en robotique au spécialiste de l'efficacité énergétique, la diversité des parcours a de quoi surprendre. « Pour un jeune, il y a moyen de s'éclater dans le monde laitier, rappelle Pascal Le Brun, président du Cniel. Il y a plus de 60 métiers qui gravitent autour de la filière laitière. »
Cette richesse est un atout majeur : elle permet des évolutions de carrière, des passerelles entre métiers, des reconversions réussies. « Nos métiers ont la capacité d’attirer des jeunes, mais aussi des moins jeunes, des reconversions », abonde celui qui est aussi éleveur laitier dans le Calvados.
La filière n'enferme pas, elle ouvre des horizons, de la production au commerce, du territoire à l'international.
Des métiers porteurs de sens
Dans la filière laitière, qu'est-ce qui réunit un éleveur, un fromager, un conducteur de ligne, un commercial ? Une mission commune : nourrir. « Nos métiers sont des métiers nobles : on nourrit le citoyen », résume Pascal Le Brun qui s’émerveille toujours : « Le lait, c'est tout simplement magique : avec un litre, on peut faire une multitude de produits ! »
En élevage, c'est aussi le lien au vivant qui donne du sens. « C'est un formidable métier que de travailler avec les animaux, avec la nature, d’en faire vivre sa famille et de nourrir les gens », souligne Caroline Helleisen Errant, directrice générale du Cniel.
Plus loin dans la chaîne, c'est la fierté de transformer une matière vivante en produits de qualité, et de la partager. « Il y a une fierté à travailler une matière noble qu'est le lait, à apporter sur la table des consommateurs des produits de qualité qui viennent de tous les territoires », complète Marie-Andrée Luherne, présidente déléguée du Cniel chargée de l'attractivité des métiers et éleveuse laitière dans le Morbihan.
« Il y a un sens que peut trouver la nouvelle génération dans nos modes de production », résume Luc Verhaeghe, vice-président du Cniel et représentant des coopératives laitières. Travailler avec le vivant, transformer et partager des produits de qualité, pour une mission essentielle – nourrir - c'est une promesse que peu de secteurs peuvent offrir.
Des secteurs au top de l’innovation
Finie l’image d’Épinal de la ferme ! Dans les exploitations, colliers connectés, détecteurs de vêlage et robots de traite ont transformé le quotidien. « On parle beaucoup d'intelligence artificielle depuis deux ou trois ans, mais elle est arrivée il y a bien plus longtemps dans les exploitations ! », rappelle Pascal Le Brun.
Dans les laiteries et fromageries, la transformation est tout aussi profonde. La robotisation réduit la pénibilité, les outils numériques changent les pratiques, sans parler des nouvelles expertises liées aux enjeux environnementaux. « On a des data scientists, des gens qui travaillent sur l'efficacité énergétique. Les jeunes peuvent vraiment s'épanouir dans nos entreprises », confirme François-Xavier Huard, vice-président du Cniel et représentant des industries laitières privées.
Résultat : des métiers encore plus accessibles, ouverts à de nouveaux profils. Mais aussi, du temps libéré pour ce qui compte vraiment : le travail avec le vivant, la qualité des produits, la relation avec les consommateurs… et la vie perso !
La féminisation en marche
Aujourd'hui, seulement 16 % des éleveurs sont des femmes. Et la tendance n’est guère meilleure sur le reste de la filière. Or, face au défi du renouvellement des générations, la filière ne peut pas se priver de la moitié des talents. « Ce qu'on veut, c'est qu'elles viennent, mais aussi qu'elles restent », souligne Marie-Andrée Luherne.
Le plan stratégique 2026-2028 en fait un axe prioritaire, avec des leviers concrets structurés autour de trois piliers. « L'accès au métier d'abord : il faut que les femmes puissent accéder à des formations, des stages. L'accès au foncier et aux capitaux, ensuite, pour pouvoir s’installer. Enfin, la pratique du métier au quotidien : il faut du matériel adapté à tous les gabarits », détaille Marie-Andrée Luherne. La modernisation et la robotisation en cours dans les élevages et les sites industriels vont dans ce sens : en réduisant la pénibilité physique, elles rendent ces métiers plus accessibles à tous les profils.
L’engagement va au-delà du terrain : le nouveau plan stratégique de l’interprofession prévoit que le Cniel encourage la féminisation de ses propres instances. Un signal fort envoyé à toute la filière pour passer de l’ambition à l’action.
- Pour aller plus loin : Être une femme en élevage laitier : le vrai du faux
Des passions qui se transmettent
« Vous ne trouverez pas des éleveurs qui ne sont pas passionnés et qui s'installent juste pour du business », affirme Yohann Barbe, vice-président du Cniel et représentant du collège des producteurs. Mais la passion ne suffit pas : il faut aussi un revenu décent et un accompagnement solide.
C'est tout l'enjeu du plan stratégique : protéger les jeunes installés pendant leurs premières années, période charnière où tout se joue. « Il nous faut une filière qui, au moment de l'installation, protège le jeune, insiste Yohann Barbe. On doit assurer un revenu sur les cinq premières années. »
Le vivier de candidats existe : écoles agricoles, mais aussi reconversions professionnelles. La filière se donne les moyens d'aller les chercher, et de les convaincre. Pour cela, elle mise sur ceux qui vivent le métier de l'intérieur : « Notre meilleur moyen d'attirer les jeunes, c'est d'avoir des éleveurs en activité qui sont fiers de leur métier et qui le communiquent », conclut l’éleveur.
Et maintenant ?
Diversité des métiers, modernité des outils, ouverture à tous les profils, accompagnement des jeunes installés, fierté de nourrir : les raisons de croire en l'attractivité de la filière laitière ne manquent pas. Le plan stratégique 2026-2028 trace une feuille de route ambitieuse pour les valoriser.
Reste un défi : faire connaître cette réalité. Car l'image perçue reste parfois en décalage avec la réalité vécue. « À nous de montrer que c'est à la fois un métier proche du territoire, proche des animaux, et à la fois très moderne », résume Caroline Helleisen Errant. Les métiers ont changé, à tous les maillons. « Ce ne sont plus les Temps modernes de Chaplin », martèle François-Xavier Huard, qu'il s'agisse des élevages, robotisés et connectés, ou des sites industriels, dotés d’innovations de pointe.
« L'objectif est aussi pédagogique : expliquer les démarches entreprises, écouter les attentes », ajoute Marc Delage, vice-président du Cniel et représentant du collège du commerce, de la distribution et de la restauration. Ouvrir les portes, montrer ce que la filière fait de bien, de beau et de bon, ne plus laisser les autres parler à sa place : c'est ainsi qu'elle donnera envie à la prochaine génération de la rejoindre. Comme le résume Marie-Andrée Luherne : « On a des intérêts multiples à être fiers de notre métier. Il faut arriver collectivement, mais aussi individuellement, à exprimer cette fierté. »