batiments d'élevage

Collectivités locales : 5 leviers pour favoriser l’installation des jeunes éleveurs

Mis à jour le 28 May 2026

Plus de la moitié des éleveurs laitiers ont plus de 50 ans. Seuls 16 % ont moins de 40 ans. « Dans moins de 5 ans, des fermes s'arrêteront. C'est maintenant qu'il faut agir », prévient Marie-Andrée Luherne, éleveuse laitière, conseillère municipale et présidente déléguée du Cniel en charge de l'attractivité des métiers. Une triple casquette qui lui permet d'identifier précisément ce que les élus locaux peuvent faire, concrètement, pour inverser la tendance et entretenir le dynamisme sur leur territoire. 

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Envoyer un signal fort : la subvention symbolique

Les élus locaux disposent de leviers immédiats, sans attendre un cadre régional ou national : une subvention communale ou intercommunale, même modeste, peut changer la donne. « Ce n'est pas tant le montant que le symbole, explique Marie-Andrée Luherne. C'est dire à un jeune : vous êtes le bienvenu, nous croyons en votre projet. » Ce geste, peu coûteux pour la collectivité, envoie un signal décisif : la commune est partenaire du projet, pas simple spectatrice. 

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Faciliter l'accès au foncier

C'est souvent l'obstacle numéro un. Reprendre une ferme laitière suppose d'accéder à des terres et à des bâtiments dont les montants dépassent la capacité d'investissement d'un jeune au démarrage. Les collectivités peuvent jouer un rôle actif en favorisant les conventions de mise à disposition (CMD) et les crédits-bails, qui permettent un accès progressif aux terres et aux bâtiments sans achat immédiat. La mise en relation entre cédants et repreneurs potentiels, via les guichets France Services Agriculture notamment, relève aussi de ce que les élus peuvent initier ou soutenir sur leur territoire.

Marie Andrée Luherne
L'installation, c'est un vrai parcours du combattant. Quand des contestations se forment contre un jeune qui veut reprendre une exploitation, la commune peut mettre tout son poids pour que le projet aboutisse
Marie-Andrée Luherne - Présidente déléguée du Cniel
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Contribuer à lever les blocages administratifs et urbanistiques

Construire un bâtiment d'élevage, agrandir une installation existante, adapter des locaux à une nouvelle activité : chaque projet se heurte à des démarches complexes. « L'installation, c'est un vrai parcours du combattant », résume Marie-Andrée Luherne. Les élus locaux peuvent faciliter l'instruction des dossiers d'urbanisme, appuyer les demandes de permis de construire liées à l'activité agricole, et faire jouer leur poids politique lorsque des associations de riverains s'opposent à un projet. « Quand des contestations se forment contre un jeune qui veut reprendre une exploitation, la commune peut mettre tout son poids pour que le projet aboutisse », insiste-t-elle.

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Faciliter l'accès au logement

En élevage laitier, l'astreinte quotidienne est incompressible : on ne peut pas habiter loin de ses animaux. « L'accès à un logement à proximité de l'exploitation n'est pas un confort, c'est une condition d'installation, pour les jeunes agriculteurs, mais aussi pour les salariés de nos fermes », précise Marie-Andrée Luherne. Les collectivités disposent de leviers concrets : favoriser l'accès au logement locatif ou social pour les actifs agricoles, anticiper dans les documents d'urbanisme les besoins liés à l'activité d'élevage, intégrer cette réalité dans les plans locaux de l'habitat.

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Porter attention aux services de proximité

Attirer un jeune éleveur, c'est aussi lui offrir des conditions de vie qui rendent le territoire désirable. « Être à la campagne mais avoir tous les services qu'on peut avoir en ville », résume Marie-Andrée Luherne. Garde d'enfants, accès aux soins, mobilité, services publics de proximité : autant de dimensions sur lesquelles les maires et présidents d'intercommunalité ont une prise directe. Un territoire qui perd ses services perd aussi sa capacité à retenir ses habitants… et à en attirer de nouveaux.